Viticulture et Agriculture à Preixan

À Preixan, la viticulture était, autrefois, l’activité économique principale.

Les propriétaires, les salariés, les fermiers et les métayers mettaient en commun leurs compétences et leurs savoir-faire au service de la terre nourricière.
Vignes et champs se côtoyaient sur tout le territoire.
Toute terre était travaillée, manuellement pour les plus ardus et à l’aide de bœufs et de chevaux de trait pour les autres. Les hommes avaient une ardeur au travail sans pareil.
Mais les crises économiques provoquèrent le départ de nombreux paysans vers la ville plus attrayante.

Une nouvelle main d’œuvre vint faire renfort dans les exploitations. Des femmes et des hommes motivés, ayant traversé les Alpes ou les Pyrénées donnèrent un nouvel élan à notre village. Par leur travail aux côtés des Preixanais, ils permirent aux exploitations de continuer à exister.
Les champs ensemencés de blé, d’orge et d’avoine étaient récoltés fin juin, ce qui permettait à tous les paysans de se retrouver autour de la batteuse. Là, on pouvait constater que l’entraide n’était pas un vain mot. Les vignes étaient vendangées manuellement, la main d’œuvre était locale, puis ce fut des vendangeurs venus de Plateau de Sault, et, pour finir, il y eut des vendangeurs venus d’Espagne.

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Vignes à Preixan

Aujourd’hui, cinquante ans plus tard, les champs d’autrefois ne sont plus cultivés. Les taillis et les bois ont proliférés facilement.
La vigne reste l’activité dominante. Les caves particulières et le pressoir communal n’existent plus. Les viticulteurs sont regroupés au sein de la Cave Coopérative « Anne de Joyeuse ».
Le vignoble, de nos anciens, planté en Aramon, Carignan, Morrastel …. n’existe plus. De nouveaux cépages, tels que le Merlot, le Cabernet, la Syrah, le Chardonnay, le Sauvignon Blanc,…. sont apparus, et permettent l’obtention d’un vin de qualité souvent primé à Paris au Salon de l’Agriculture.
La mécanisation, avec l’apparition de tracteurs à chenilles et à roues, a simplifié le travail de la terre. Les exploitations se sont agrandies. Aujourd’hui, il n’existe plus aucun salarié sur la commune, et les vendanges se font mécaniquement.
Le vignoble de Preixan est classé en partie « A.O.C. Malepère », et l’autre partie produit du vin de Pays d’Oc.

La restructuration du vignoble a engendré beaucoup de travail et a été financé par les fonds européens. Tout paraissait idyllique, mais depuis 2004, la crise viticole oblige les viticulteurs à plus de réserve. Les prix de vente ne sont plus rémunérateurs.De nombreuses exploitations sont fragilisées. Certaines vignes ont déjà été arrachées.
Les nuages s’amoncellent, et personne ne peut se prononcer pour l’avenir.
Souhaitons que Preixan garde son potentiel viticole, et que des femmes et des hommes puissent continuer à vivre du fruit de leur travail.

Joël Vidal.