Les oliviers de Fontvieille

Aujourd’hui, la culture de la vigne occupe une grande partie du territoire de Preixan et permet à de nombreuses familles de viticulteurs de vivre de leur travail même si la conjoncture n’est pas des plus favorables.

Hier, jusqu’à la fin du XIXème siècle, l’olivier faisait partie du paysage et avait été planté sur les coteaux et encerclait le village. La récolte de l’olive apportait complément dans l’exploitation. On la consommait en fruit après de longues préparations mais la fonction essentielle était la fabrication ou l’élaboration de l’huile d’olive.

Preixan, autrefois, était bâti tout autour du château-fort et le seigneur fit construire un moulin à huile, qui a totalement disparu de nos jours, et qui était situé sous les maisons Bourrel et Villan à proximité du cimetière. Ce moulin à huile bénéficiait de la source de la Fontvieille pour son fonctionnement.

Après les vendanges, quand l’olive avait atteint sa maturité, les hommes et les femmes cueillaient et, ensuite, se retrouvaient au moulin à huile. Là, un cheval, ayant les yeux bandés, tournait la meule qui écrasait les olives. C’était un évènement qui attirait de nombreux curieux. L’huile, une fois écumée, était stockée dans des jarres en terre.

Aujourd’hui, quelques oliviers ont subsisté, centenaires et peut-être bicentenaires. Ils ont été préservés, retaillés et surtout débroussaillés car, après l’abandon de la culture de l’olivier, la nature avait repris ses droits.

Un passionné de la nature, M. André Villan, retraité Edf, a acquis, il y a quelques dizaines d’années, des parcelles en friche où l’olivier était maître du territoire dans un terrain pentu. Les travaux de remise en état des lieux nous permettent de comprendre comment était planté l’olivier et combien était grande la peine que prenaient les paysans pour cultiver cet arbre.

Hier, tout près du moulin à l’huile, la source de la Fontvieille alimentait la population et servait aussi à remplir l’abreuvoir communal dont il reste quelques vestiges.

Des jardins potagers en aval bénéficiaient eux aussi de cette eau de source. Aujourd’hui, suite à de nombreux bouleversements, cette eau est très rare.
oliviers_de_Fontvieille
Ce quartier de Fontvieille, chargé d’un lourd passé, est surplombé par un plateau au lieu-dit « la fontaine ».

Dans les années 1980 après un terrassement, des débris, qui pourraient avoir un lien avec notre histoire locale, ont été mis à jour sans recherche, ni conservation. Il se pourrait que des populations se soient fixées tout près d’un point d’eau avant la création de Preixan dans les années 800. Les invasions de Sarrazins et des Wisigoths ont, peut-être, laissé des traces. Mais je ne peux rien prouver car je n’ai aucune compétence en archéologie.

Joël Vidal.