De Prexanus à Preixan, les origines de Preixan

Si notre territoire a été peuplé par les hommes, c’est sûrement grâce à la rivière « Aude » qui apporte beaucoup d’avantages pour la vie sédentaire d’antan. Mais, là, point de traces d’occupation du sol dans les restes archéologiques tout près de la rivière.

En consultant régulièrement les archives départementales, j’ai retrouvé à la date de l’an 782 le mot : PREXANUS. Ce nom d’origine latine nous a été donné par un citoyen gallo-romain qui s’appelait PRISCIUS. Impossible de dater l’arrivée de Priscius, tout comme de connaître l’entourage avec lequel il a construit sa villa avec dépendances sur la butte, au cœur du village actuel. Nous étions ici sur le territoire de l’ancienne Gaule. Cette butte où a été construit le domaine était un endroit stratégique pour assurer la sécurité de ceux qui y résidaient. La nappe souterraine d’eau pouvait alimenter les hommes et le bétail. Aujourd’hui encore de nombreux puits existent autour de l’église et peuvent attester de cette ressource naturelle.

Quand Priscius a pris possession des lieux, les terres qui entouraient la villa étaient incultes, boisées ou à l’état de landes. Aujourd’hui, il existe des terres abandonnées aux lieux-dits « les Parets », « la Coste », etc, qui peuvent nous donner une idée de l’état dans lequel se trouvait Prexanus. Afin de pouvoir vivre dans ce lieu, les hommes se mirent à défricher pour nourrir la communauté. L’outillage reste primitif, mais la persévérance offre aux regards un nouvel espace où l’on pourra ensemencer et vivre en autarcie. Les hommes défricheurs étaient les aïeuls lointains de ces esclaves qu’utilisait l’empire romain. Plus tard, ils furent appelés serfs et puis devinrent paysans. La terre leur fût louée ; ils la travaillèrent et obtinrent des droits pour la conserver et la transmettre. De ces grands défrichements, il reste des noms de lieux. L’exemple le plus concret chez nous, c’est le lieu-dit « les Bruyères ». A la fin du premier millénaire, la bruyère occupait une grande place sur notre territoire. Elle se multipliait facilement, et les hommes durent l’arracher pour donner naissance à des terres fertiles au sous-sol argilo-calcaire. La bruyère servait autrefois à confectionner des litières pour le bétail. On fabriquait des balais avec les tiges et avec les racines, les serfs obtenaient du charbon de bois.

Les forêts dans les écarts de Prexanus permirent aux hommes de construire leurs habitations et des palissades. C’était une époque où les invasions et les brigands faisaient régner la terreur. Cette communauté s’est donc installée et le hameau primitif de Prexanus s’est donc développé à partir du domaine de Priscius.

Plus tard, sous le règne de Charlemagne, la villa de Priscius fût démolie et le château-fort prit sa place à une date inconnue, mais sûrement vers la fin du IXème siècle. Nous sommes dans le royaume franc et la religion catholique romaine domine tout le pays. Nos voisins d’Espagne dans la quasi-totalité du pays, vivent sous domination sarrazine pendant plusieurs siècles.

En 1115, l’église Saint-Félix de Preixan est bâtie près du château-fort et le nom de Prexanus disparaît. D’autres noms dérivés de Priscius vont faire surface : Prexianus, Prexanum, Preixano, Praissan, Prissanum, Preixe, Preicho, Preissan, Preiche, et, aujourd’hui, Preixan.

J’ai résumé les origines de Preixan et je souhaite qu’un jour une place, une rue ou un lieu-dit porte le nom de Priscius pour rendre hommage au fondateur de Preixan.

Joël Vidal.

Chers amis lecteurs,

cette chronique est la dernière du mandat que vous m’avez confié.

Je remercie tous ceux qui m’ont aidé et encouragé. J’ai voulu, par ce rendez-vous mensuel, faire revivre un passé avec des événements et des acteurs qui ont compté. Il est important de se référer au passé pour se projeter dans l’avenir. Notre village a de nombreux atouts et souhaitons qu’il rayonne le plus longtemps possible.

Joël Vidal.